Je travaille depuis que j’ai 14 ans. Pendant mes études, j’ai été caissière au Mcdo, monitrice de camp de jour, hôtesse dans un restaurant, étudiante dans un bureau de notaire,
et j’en passe. Travailler me donnait confiance en moi, j’avais l’impression de faire quelque chose d’utile de mes étés.
J’ai donc été consternée d’apprendre que le taux de chômage des 15 à 19 ans est trois fois plus élevé que pour l’ensemble de la population québécoise, soit 17% contre 5%.
En mai 2025, les offres d’emploi estivales ont chuté de 22% par rapport à l’an dernier.
«Prof de secondaire 5 ici, mes élèves sont découragés. Très difficile de se trouver une job», confie une lectrice.
«Ma fille à l’université est rendue à plus de 70 CV et aucune réponse», ajoute une autre.
«Les jeunes trouvaient des emplois partout il y a deux ans alors qu’il y avait pénurie de main-d’œuvre et maintenant, c’est l’inverse: les postes d’entrée se comblent très
rapidement et la compétition est très forte, ce qui pénalise les jeunes», déclare Cynthia Brouillard, conseillère en développement professionnel auprès de Carrefour Jeunesse Emploi.
En personne
Mme Brouillard conseille aux jeunes de personnaliser leur démarche: adapter son CV et lettre de présentation au poste convoité, utiliser son réseau de contacts, aller rencontrer l’
employeur en personne, etc. Elle ajoute que «ce qu’il ne faut pas faire, c’est de rester sur les sites de recherche d’emploi, parce que la compétition est trop grande et on a besoin
de se démarquer du lot».
Dans ce contexte, la connaissance de soi est primordiale. Comme disait mon prof de cégep, «pour vendre sa salade, il faut savoir ce qu’il y a dedans». Les jeunes en recherche d’
emploi doivent donc commencer par bien connaître leurs forces et leurs compétences, pour savoir ce qu’ils peuvent offrir à l’employeur.
Pour ce faire, ils peuvent s’inspirer de leurs expériences à l’école, des activités parascolaires ou sportives, le bénévolat ou même de l’aide qu’ils apportent à la famille, même s’
ils ne sont pas rémunérés.